La dynastie des CALMELS

A Pierre-Jean Calmels, créateur du Couteau de Laguiole, qui mourut en 1876, succéda son fils Pierre. Celui-ci ajouta au ressort une pièce mobile, la "coulisse" qui lui permet d'agir non seulement sur la lame, mais aussi sur le poinçon et plus tard le tire-bouchon que Pierre devait remettre en honneur en 1880. Le retour de cet additif était alors motivé par la "montée à Paris", à cette époque, de nombreux Rouergats et Cantaliens, qui venaient de plus en plus nombreux y chercher fortune dans la "Limonade", puis dans la "Restauration". Professions dans lesquelles ils allaient connaître une réussite fulgurante et où le tire-bouchon s'avérait un outil indispensable. Adjoint au couteau qui ne quittait jamais la poche de ces nouveaux arrivants, ils l'avaient ainsi toujours sous la main. C'était le modèle "trois pièces" qui allait vite se répandre, jusqu'à devenir le plus courant. Sans doute Pierre n'en fut pas l'inventeur, l'adjonction d'un tire-bouchon n'étant pas une nouveauté, mais tout au moins le réalisateur sous une forme qui allait vite s'imposer. Malheureusement il ne devait pas profiter longtemps de ses inventions, car il décéda en 1887.

Son fils Jules qui lui succéda, devait connaître un succès croissant du couteau de Laguiole dans la Capitale, du fait d'un afflux de plus en plus important d'Aveyronnais et limitrophes, qui, marchant sur les traces de leurs compatriotes qui avaient ouvert la voie, achevaient peu à peu d'y accaparer les métiers de "bistrot" et de restaurateur. Plus heureux que son père, il devait vivre jusqu'en 1930, où il mourut en laissant deux fils.

L'aîné, prénommé Jules comme son père, s'était depuis 1927 installé à Rodez, où'très vite il avait acquis une grande renommée. Son fils Jacques lui succédant a continué à maintenir celle ci très haut aprés quoi il mourra et c'est alors que sa femme Laurette et sa fille Isabelle héritérent du magasin, la réputation des Calmels ne pouvant déchoir.

Quant au cadet, Pierre, il prit la suite de son père dans la même boutique de Laguiole ou actuelement ses filles perpétuent la tradition.

Le brevêt n'ayant été deposé par la famille Calmels une grande concurrence est désormais présente ce qui explique le nombre de "faux laguioles" presents actuellement sur le marché.